Doctorant
Université Côte d’Azur
Email : shivam-kumar.sah@etu.univ-cotedazur.fr
Discipline : Sciences de l’Information et de la Communication
Ecole Doctorale : Sociétés, Humanités, Arts et Lettres
Sous la direction de Marcin Sobieszczanski
Première inscription en Thèse : Octobre 2026
Résumé :
Cette thèse analyse la stratégie de soft power du Népal en tant que petit État enclavé situé entre l’Inde et la Chine. Le Népal dispose d’un ensemble remarquable de ressources de soft power : le mont Everest, la chaîne himalayenne, un secteur de tourisme d’aventure internationalement reconnu qui attire chaque année des millions de visiteurs du monde entier, et le lieu de naissance de Gautama Buddha, ainsi qu’un patrimoine culturel et spirituel d’une richesse exceptionnelle. Pourtant, malgré ces atouts considérables, l’image internationale du Népal demeure fragmentée, incohérente et stratégiquement sous-exploitée. L’argument central de cette thèse est que ce décalage ne résulte pas d’un manque de ressources mais d’un déficit structurel de cohérence narrative entre les différents canaux de diplomatie publique du pays, notamment les campagnes touristiques, la diplomatie culturelle, les communications des ambassades, les plateformes numériques officielles et les réseaux diasporiques. Les messages projetés par ces canaux manquent de coordination et de cohérence institutionnelle, ce qui empêche la construction d’une image nationale forte et crédible sur la scène internationale. La littérature existante en Relations Internationales traite du Népal principalement sous l’angle de la dépendance géopolitique vis-à-vis de l’Inde et de la Chine, tandis que les recherches en tourisme abordent la question du branding national sans mobiliser les théories du soft power ou de la diplomatie publique. Peu d’études ont analysé de manière systématique la stratégie de communication internationale du Népal dans un cadre théorique relevant des Relations Internationales et des Sciences de l’Information et de la Communication. Cette thèse comble ce manque disciplinaire en mobilisant trois piliers théoriques complémentaires : la théorie du soft power de Nye, les théories des petits États en Relations Internationales notamment Katzenstein, Vital et Thorhallsson, et le concept de cohérence narrative développé par Arifon comme cadre évaluatif central. Ce cadre permet d’évaluer dans quelle mesure les messages projetés par le Népal restent cohérents, complémentaires et mutuellement renforcés à travers ses différents canaux de diplomatie publique. La méthodologie repose sur une étude de cas qualitative unique combinant l’analyse de cadrage selon Entman appliquée à six organes de presse internationaux issus de trois régions géopolitiques couvrant l’Europe, l’Amérique du Nord et l’Asie, une analyse narrative des documents officiels de communication nationale incluant les campagnes Visit Nepal et les documents de diplomatie culturelle, des entretiens semi-directifs avec vingt à vingt-cinq acteurs clés incluant diplomates, responsables du tourisme, experts en diplomatie culturelle et journalistes internationaux, ainsi qu’une recherche de terrain au Népal en deuxième année de thèse. Les résultats visent à contribuer aux champs du soft power des petits États, de la diplomatie publique et de la communication narrative stratégique, tout en offrant des recommandations concrètes applicables à d’autres petits États disposant d’un riche patrimoine culturel et naturel.




































