Docteur
Université Côte d’Azur
Email : rosa.cinelli@etu.univ-cotedazur.fr – rosa.cinelli@unimi.it
Discipline : Sciences de l’Information et de la Communication
Ecole Doctorale : Sociétés, Humanités, Arts et Lettres
Sujet de thèse : Paradigmes de la preuve : Repenser les images forensiques à travers les médias XR
Sous la direction de Marcin Sobieszczanski, Matteo Treleani et de Barbara Grespi
Thèse soutenue le : 30 juin 2025
Résumé :
Cette thèse explore les transformations contemporaines de la preuve visuelle dans le contexte d’une culture visuelle en expansion, façonnée par les hybridations entre la photographie et les médias de réalité étendue. Partant de la place centrale qu’occupe historiquement la photographie en tant que moyen de preuve, traditionnellement fondée sur des notions de transparence et d’objectivité mécanique, la thèse développe une réflexion à partir du paradigme indiciaire de Carlo Ginzburg, dont elle propose une relecture en termes de regard forensique. Ce paradigme permet de concevoir la preuve non simplement en termes d’absence apparente de médiation, mais comme un indice à interpréter et un outil opérationnel d’enquête. À partir de ce cadre théorique, la recherche examine les utilisations forensiques de la photographie du XIXe siècle à nos jours, en identifiant une généalogie des médias XR dans la tradition cartographique et métrique de la documentation des scènes de crime. À travers l’analyse des pratiques d’enquête contemporaines, en particulier celles développées par Forensic Architecture, il est montré que les reconstructions virtuelles ne marquent pas une rupture avec les images photographiques, invitant à une reconceptualisation intermédiale de la preuve visuelle qui dépasse la spécificité du photographique. Ce cadre théorique est ensuite vérifié à travers une étude archivistique menée aux Archives nationales de Paris et centrée sur les images médico-légales utilisées dans le cadre du procès dit « V13 », c’est-à-dire la procédure pénale qui a suivi les attentats du 13 novembre 2015 à Paris. La thèse analyse les conditions institutionnelles, archivistiques et médiales dans lesquelles les images forensiques ont été présentées au tribunal, en situant leur présence dans la salle d’audience à travers le dispositif sémiopragmatique de la recontextualisation. La recherche met en évidence les tensions qui surgissent lorsque les preuves visuelles des scènes des attentats sont présentées au tribunal : tensions entre visibilité et occultation, entre fonction testimoniale et logique de contrôle, entre réénonciation et remédiation. La thèse se termine enfin par une expérience de recherche artistique qui explore les archives audiovisuelles du procès V13 à la lumière de leur difficile accessibilité à travers une installation immersive. Développée à partir d’entretiens avec des archivistes et spatialisée à l’aide d’une partition sonore générative et de scans photogrammétriques des documents de travail, l’œuvre évoque un patrimoine documentaire en le convoquant, sans le montrer, sous la forme d’« images manquantes ».
PUBLICATIONS :
- Cinelli R., Non voler “essere lì”: sul valore documentale delle immagini panoramiche nel processo per gli attentati del 13 novembre 2015 a Parigi, in “Il senso immerso”, Lexia, conference proceedings (forthcoming).
- Cinelli R., “Fake”, in B. Grespi, F. Villa (edited by), Il Postfotografico. Dal selfie alla fotogrammetria, Einaudi, Torino 2024.
















































