ISKANDAR Bachir

Doctorant

Université Côte d’Azur

Email : bachir.iskandar@etu.univ-cotedazur.fr

Discipline : Sciences de l’Information et de la Communication

Ecole Doctorale : Sociétés, Humanités, Arts et Lettres

 

Sujet de thèse : Système bancaire libanais et crise économique : stratégies de communication institutionnelle et effets sur la confiance publique

Sous la direction de Claudine Batazzi
Première inscription en Thèse : Septembre 2025

 

Résumé :

Octobre 2019 : Une date qui marquera un Liban immergé dans une crise économique et financière sans précédent. Cette crise s’est accompagnée de la chute du secteur bancaire de ce petit pays perçu comme stable, un effondrement brutal de la monnaie locale, et d’une perte inattendue de confiance du public dans l’ensemble du système financier. Face à cette débâcle, les banques et la banque centrale ont tenté de communiquer. Mais leurs messages sont souvent apparus décousus, opaques, et surtout, incapables de apaiser les craintes ou de redonner ne serait-ce qu’un peu d’espoir. Une question se pose alors : et si cette communication maladroite avait elle-même participé à creuser le fossé de la défiance ? C’est cette énigme que ma recherche doctorale souhaite explorer. Comment communique-t-on quand tout s’écroule ? Quelles sont les conséquences réelles des discours officiels sur la perception des citoyens ? Pour le comprendre, je mène une enquête de terrain qui croise l’analyse des communiqués, des discours médiatiques et surtout, la parole vivante de celles et ceux qui sont au cœur de la crise : banquiers, communicants, économistes, et avant tout — des citoyens dont la voix compte. Pour mieux saisir la singularité libanaise, je compare cette situation à deux autres grandes crises : celle des subprimes de 2008 aux États-Unis, et celle de la dette grecque (2009-2015). L’objectif ? Identifier ce qui relève du contexte propre au Liban, et ce qui, hélas, semble se répéter à chaque effondrement financier. Sur le plan théorique, je m’appuie sur les travaux fondateurs en communication de crise (Benoit, Coombs), sur la critique médiatique (Bourdieu, Hall) et sur les théories de la confiance (Luhmann, Giddens). Mon hypothèse est simple mais cruciale : la crise de communication a aggravé la crise de confiance. Le manque de transparence, l’incapacité à assumer les incertitudes et l’absence d’un récit crédible ont précipité la chute. Au-delà du constat, cette recherche veut ouvrir des pistes pour reconstruire. Comment mieux communiquer en temps de crise ? Comment restaurer une parole publique honnête et responsable ? Mon ambition est de proposer des recommandations concrètes pour une communication institutionnelle plus éthique — et peut-être, de contribuer à renouer le lien entre une société meurtrie et ses institutions.