Soutenance

Avis de Soutenance
INFORMATION ET COMMUNICATION
Soutiendra publiquement ses travaux de thèse intitulés
Le tabagisme en Afrique : étude de la réception des campagnes de prévention, à partir du cas du Sénégal
dirigés par Claudine Batazzi
Soutenance prévue le mardi 24 mars 2026 à 09h30
Lieu : Campus Carlone – Salle du Conseil
Composition du jury proposé
| Mme Claudine BATAZZI | Université Côte d’Azur | Directrice de thèse |
| Mme Marième Pollèle NDIAYE | Université Université Gaston Berger de Saint-Louis du Sénégal | Rapporteure |
| M. Pascal LARDELLIER | Université de Bourgogne Franche-Comté | Rapporteur |
| M. Nicolas PÉLISSIER | Université Côte d’Azur | Examinateur |
| Mme Anne PARIZOT | Université de Bourgogne Franche-Comté | Examinatrice |
| M. Henri ALEXIS | Université Côte d’Azur | Invité |
| Mme Françoise BERNARD | Aix-Marseille Université | Invitée |
Résumé :
Cette thèse analyse les actions de prévention contre le tabagisme au Sénégal en interrogeant l’efficacité des stratégies de communication persuasive, en particulier celles fondées sur l’appel à la peur, et en identifiant des déterminants socioculturels susceptibles de renforcer leur efficacité dans une perspective de communication engageante. Inscrite dans une approche interdisciplinaire articulant les Sciences de l’Information et de la Communication et la psychologie sociale, cette recherche appréhende le tabagisme non seulement comme un enjeu sanitaire, mais comme un phénomène social structuré par des dynamiques de réception, d’influence médiatique, d’identification et de résistance, propres au contexte sénégalais marqué par un collectivisme fort. Sur le plan méthodologique, l’étude repose sur une triangulation combinant une enquête quantitative menée à Dakar auprès de 300 adultes fumeurs et non-fumeurs, un recueil de 15 récits de vie auprès de fumeurs et d’anciens fumeurs, ainsi que des entretiens de documentation réalisés auprès d’acteurs institutionnels de la lutte antitabac. Les résultats montrent une forte adhésion déclarative de la population à la lutte antitabac et une bonne connaissance des risques sanitaires, mais révèlent un faible impact attitudinal et comportemental de ces actions, en particulier celles faisant appel à la peur, auprès des fumeurs. Seuls 39% d’entre eux déclarent une intention de diminution ou d’arrêt, et ils sont aussi 39% ayant effectivement réduit leur consommation, tandis que 61% manifestent des résistances à la modification comportementale attendue. L’étude montre que ces résistances sont souvent associées à des mécanismes de défense tels que le déni, la résignation ou le fatalisme. À l’inverse, bien que les actions antitabac aient un impact limité sur les attitudes des non-fumeurs (22% ayant déclaré un changement), elles renforcent efficacement le maintien de l’abstinence chez les non-fumeurs (72% ayant déclaré un renforcement comportemental). Cette recherche met également en évidence, dans le contexte sénégalais, deux facteurs socioculturels majeurs d’engagement à l’arrêt du tabac : la préservation de la santé et la préservation de l’image de soi/la réputation. Ces résultats nous conduisent ainsi à recommander une recontextualisation des stratégies de prévention, fondée sur une communication engageante de proximité, orientée vers un passage à l’acte effectif et durable, et adaptée aux réalités sociales et culturelles sénégalaises.
















































