Soutenance

Avis de Soutenance
INFORMATION ET COMMUNICATION
Soutiendra publiquement ses travaux de thèse intitulés
La mondialisation du concept de patrimoine: Évolution, enjeux et mutations de la procédure d’inscription de biens sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO
dirigés par Monsieur Paul Rasse
Soutenance prévue le mardi 16 décembre 2025 à 14h30
Lieu : Campus Carlone – Salle du Conseil
Composition du jury proposé
| Mme Paul RASSE | Université Côte d’Azur | Directeur de thèse |
| Mme Patrizia LAUDATI | Université Côte d’Azur | Examinatrice |
| M. Patrice DE LA BROISE | Université de Lille | Examinateur |
| Mme Françoise ALBERTINI | Université de Corse-Pasquale Paoli | Rapporteure |
| M. Jean DAVALLON | Université d’Avignon et des pays de Vaucluse | Rapporteur |
Résumé :
Cette thèse interroge la dynamique contemporaine du patrimoine mondial comme construction sociale, juridique et communicationnelle soumise à des mutations nourries par sa médiatisation, ses usages politiques et ses effets de marque. Placée au cœur d’un dispositif institutionnel fondé sur la Convention de 1972, la Liste du patrimoine mondial cristallise des tensions entre l’universalité proclamée et la diversité culturelle, entre l’expertise scientifique et les arbitrages diplomatiques, entre l’idéal d’exceptionnalité des pionniers de la Convention et la logique d’une liste de biens représentatifs. L’étude adopte une démarche interdisciplinaire croisant sciences de l’information et de la communication et études patrimoniales. Elle appréhende la patrimonialisation mondiale comme un processus relationnel et performatif ce n’est pas l’objet qui est patrimoine en soi, mais l’acte institutionnel et collectif qui le fait advenir comme tel. Au centre, la valeur universelle exceptionnelle (VUE) condition sine qua non de l’inscription est analysée comme une catégorie institutionnelle évolutive, produite par l’articulation entre recommandations d’experts (Organisations consultatives) et décisions du Comité du patrimoine mondial. Empiriquement, la recherche s’appuie sur une analyse comparative des recommandations des Organisations consultatives et des décisions finales du Comité pour les inscriptions 2010-2025, une enquête qualitative par entretiens semi-directifs auprès d’acteurs de la Convention (2018-2023) et une analyse documentaire et statistique du fonctionnement de la procédure (critères, orientations, trajectoires d’inscription). Cette triangulation permet d’observer, au-delà des cas singuliers, des régularités décisionnelles et des déplacements du seuil d’exigence associé à la VUE. Les résultats mettent en évidence un décalage récurrent entre expertise et décision lorsque les recommandations ne concluent pas à l’inscription. Dans ces situations, des facteurs sociopolitiques (logiques régionales, diplomatie d’assemblée, stratégies d’image et retombées attendues) pèsent sur l’issue jusqu’à faire de l’inscription la cause et non l’effet de la valeur reconnue. Ce mécanisme contribue à une homogénéisation symbolique des biens inscrits et alimente la critique d’une « dilution » de la Liste. Pour autant, la thèse souligne que la crédibilité du système ne se réduit pas au nombre d’inscriptions : elle dépend de la capacité durable à garantir la conservation, de l’ajustement des outils procéduraux (Orientations, analyse préliminaire) et d’une explicitation des rationalités à l’œuvre dans les décisions. Sur le plan théorique, l’apport principal réside dans une relecture communicationnelle de la VUE comme « récit institutionnel d’exception » indexé à des référentiels évolutifs (critères, comparaisons, catégories) et exposé aux usages stratégiques des acteurs. Sur le plan méthodologique, la combinaison d’analyses qualitatives, quantitatives et documentaires offre un cadre opératoire pour objectiver les écarts entre expertise et décision et pour suivre les effets systémiques (déplacements typologiques et géographiques de la Liste). Enfin, la thèse ne postule pas l’« épuisement » de la Convention, mais décrit un régime de transformation : l’exceptionnalité y demeure possible, à la condition d’une rigueur accrue dans l’argumentation scientifique, d’une transparence dans la procédure décisionnelle et d’un recentrage sur la finalité première la protection plutôt que sur la seule démarche d’inscription perçue comme une « labellisation ». Cette perspective ouvre la voie à de futures recherches évaluant, a posteriori, les trajectoires de conservation des biens inscrits « contre avis », afin de lier plus étroitement reconnaissance, gestion et crédibilité du dispositif mondial.
















































